Espace Public — Publié le 7 décembre 2018

Projet de métro Constitution : enfouissement des usagers et du débat public

Projet de métro Nord : avis de l’ARAU dans le cadre de l’enquête publique sur la demande de permis du projet « Constitution »

Dans le cadre de l’enquête publique de 2016 (portant sur le cahier des charges de l’étude d’incidences), l’ARAU avait formulé la proposition alternative suivante :

Renoncer au projet de métro Nord au profit d’une optimisation des infrastructures existantes et au développement du réseau de surface.

Concrètement, il s’agit de :

  • maintenir en souterrain les lignes 3 et 4 de l’axe nord-sud, sur le tracé qu’elles empruntent actuellement ;
  • faire passer les lignes 51 et 82 en surface, depuis l’avenue Fonsny vers le boulevard du Midi, ce qui nécessite le comblement de la trémie de la station Lemonnier débouchant sur le boulevard du Midi et la remise en surface du 51 ;
  • faire passer en surface la ligne 81 via des voies de service existantes rue de l’Argonne.

Si l’alternative en surface pour les trams 51, 81 et 82 a été analysée dans l’étude d’incidences, aucune alternative à la « métroïsation » de l’axe Albert-Gare du Nord n’a en revanche été étudiée.

De manière plus globale, aucun scénario d’optimisation de l’exploitation en mode pré-métro de l’axe souterrain nord-sud n’a jamais fait l’objet de la publication d’une étude… Les citoyens ignorent donc tout des bases sur lesquelles a été prise la décision de « métroïser » : il s’agit d’un grave déficit de démocratie. En outre, le projet « Constitution » actuellement soumis à l’enquête publique a fortement évolué depuis 2016. Or, l’étude d’incidences n’a analysé ces modifications que comme variante au projet initial (c.-à-d. avec un degré bien moindre de détail). L’ARAU demande donc qu’un complément à l’étude d’incidences soit réalisé et qu’une nouvelle enquête publique soit organisée.

Les avantages de l’alternative proposée par l’ARAU sont nombreux, tant du point de vue de la mobilité que du cadre urbain :

  • fin des « interférences » au niveau du complexe de tunnels Constitution ce qui permet :
    • d’augmenter la fréquence et la régularité des lignes sur le tronçon Lemonnier-gare du Nord ;
    • de ne plus obliger les trams 51, 81 et 82 à céder la priorités aux lignes 3 et 4.
  • du point de vue de l’environnement urbain, l’étude d’incidences souligne le rôle important d’un tram en surface qui permet un « partage de l’espace public, atténuant la place qu’occupe aujourd’hui la voiture dans l’une des villes les plus congestionnées d’Europe. »

Cette mise en surface permet également de réaménager les espaces publics au profit des habitants plutôt que des infrastructures (rue Couverte, trémie de l’Europe, trémie Jamar).

C’est par la prise de mesures fortes en faveur des transports en commun de surface que passe l’amélioration, pour tous, de la mobilité à Bruxelles : mieux vaut des trams plus efficaces demain qu’un métro ruineux dans 15 (?) ans.

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