Patrimoine — Publié le 4 octobre 2016

L'OPA de l'empire brassicole sur l'ancien immeuble de la Bourse

Le projet de « Belgian Beer Palace » tel que présenté dans la presse en juillet 2015. Le "city branding" ne doit pas dévisager Bruxelles... et la valoriser pour ce qu'elle n'est pas.

Attention à la folklorisation du centre-ville !

L’ARAU soulève deux griefs principaux face au projet de Belgian Beer Palace porté par la Ville de Bruxelles pour la Bourse.

Premièrement, et ce n’est pas un détail : la question politique. Est-il normal qu’un projet d’une telle ampleur soit élaboré unilatéralement par un pouvoir local du seul fait qu’il soit propriétaire ? De plus, le public a été informé a posteriori des décisions prises par la Ville, par des articles de presse sporadiques. Cela laisse la désagréable impression que « les jeux sont faits» et que l’urbanisme du fait accompli perdure à Bruxelles-Ville.

Deuxième grief : l’ARAU estime que la Bourse mérite mieux que d’abriter un Palais de la bière. De par son histoire, son architecture et son implantation (voir analyse du vendredi 19 août 2016 « la valeur historique, architecturale et urbanistique de la Bourse »[1]), la Bourse a acquis un statut emblématique pour Bruxelles et les Bruxellois.



[1] http://www.arau.org/fr/urban/detail/338/attention-a-la-folklorisation-du-centre-ville


La Ville entend disposer des murs de l’ancien immeuble de la Bourse (et la livrer au privé) sans qu’il y ait eu de débat public sur l’opportunité de cette réaffectation. Le public est informé a posteriori des décisions de la Ville. Aucun dossier n’est disponible… De plus il s’agit d’un enjeu régional.

Manque d’originalité et non-sens patrimonial

Ce projet se calque sur une multitude d’autres musées existants à l’étranger, et  ancrent les stéréotypes, au détriment du patrimoine, pour abreuver les idées reçues des visiteurs.

Folklorisation et standardisation du centre-ville

Le projet du Belgian Beer Palace ne fera qu’aggraver la grandissante folklorisation du centre-ville, la banalisation de son patrimoine, et la stupéfaction de ses habitants qui ne s’y retrouvent évidemment pas.

Il confirme que les pensées des décideurs et les priorités qui en résultent sont formatées aux enjeux de bench marking touristiques qui priment in fine sur les réels projets de ville, aux dépens des habitants.

Absence de vision (conscience) politique 

Il est encore temps d’éviter la banalisation de Bruxelles. L’ARAU plaide pour un projet politique et urbanistique qui fasse sens aux yeux des Bruxellois de toute la Région, n’en déplaise au city marketing : le Parlement doit prendre place dans le lieu hautement symbolique qu’est la Bourse…

 

 

 

 

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