Espace Public — Publié le 10 juillet 2015

Réaménagement de la place Rogier : autopsie d'une mer d'asphalte

Les nombreux retards auraient dû être mis à profit pour repenser le projet et le rendre conforme à l’objectif de réduction de la pression automobile

Alors que l’auvent censé ponctuer le chantier de réaménagement de la place Rogier est en cours de montage, l’ARAU a voulu dresser un bilan de ce projet, de sa genèse à son (presque) achèvement, et ce sous l’angle de la mobilité.
La première partie de l’analyse sera consacrée à l’historique et aux principes qui ont dicté l’élaboration du projet. On y verra que les choix opérés ont accordé la priorité au maintien du trafic automobile aux dépens des autres modes, en particulier des transports en commun. Il y sera également question des nombreux retards que le projet a connus : un temps précieux qui n’a pas été mis à profit pour repenser le réaménagement conformément aux objectifs régionaux.
La deuxième partie s’attachera précisément à montrer en quoi le projet ne répond pas à ces objectifs, inscrits dans le Plan Régional de Développement et traduits de manière plus concrète dans le premier plan de mobilité de la Région : le plan IRIS.
Enfin, la troisième partie développera l’analyse en mettant l’accent sur la place dévolue aux transports en commun et en particulier sur la question de la future ligne de tram 71.
Outre ces aspects concernant la mobilité, cette analyse servira également à mettre en évidence un « mal bruxellois » malheureusement bien connu : celui du manque de coordination des différents acteurs (communes, Région, STIB, etc.).

Le projet Rogier est une opportunité manquée de poser les jalons d’un véritable partage de l’espace public, en complémentarité d’une réduction de la capacité automobile en surface à cet endroit. Le retard dans l’exécution du PU délivré en 2008 aurait pu être mis à profit pour poursuivre la réflexion sur la mise en œuvre des objectifs régionaux à cet endroit car on sait que le transfert modal doit être encouragé par les pouvoirs publics.

S’il est une leçon à retenir de ce projet, c’est qu’il illustre la concrétisation de l’absence de volonté politique de s’engager réellement dans une maîtrise du trafic routier globale, aussi bien à l’échelle de la Région qu’à celle du Pentagone. Les projets routiers d’importance régionale tels que la rénovation du tunnel Léopold II ou le réaménagement du boulevard Reyers doivent être l’occasion pour les habitants de vérifier si ces projets sont prêts pour une mobilité alternative à la voiture.

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