Espace Public — Publié le 24 octobre 2014

Place Meiser : 250 millions pour renforcer le trafic automobile !

L’ARAU pensait pouvoir se réjouir à l’annonce, au mois de septembre dernier, de la décision de la Région de démolir le viaduc Reyers. Malheureusement, Pascal Smet, ministre en charge de la mobilité et des travaux publics annonçait, dans le même temps, sa volonté d’accélérer la mise en œuvre du projet de double tunnel (voitures et trams) sous la place Meiser.

Or, ces infrastructures souterraines, héritées d’une vision dépassée, utilitariste et anti-urbaine de la ville, cumulent les mêmes défauts que les viaducs :

  • augmentation du trafic automobile et de ses nuisances (bruit, insécurité routière, pollution de l’air, etc.) ;
  • coût pharaonique (on parle ici de 250 millions, sans compter l’entretien futur !) pour un chantier long, pénible et inutile ;
  • coupures dans le tissu urbain par la présence de nombreuses trémies.

Détruire le viaduc Reyers pour le reconstruire quelques dizaines de mètres plus loin sous forme de tunnel reviendrait à défaire d’un côté ce que l’on fait de l’autre !

Voilà pourquoi la Région de Bruxelles-Capitale doit impérativement abandonner ce projet qui trahit l’objectif du plan IRIS 2 (réduire de 20% la pression automobile) et qui ne contribue pas à l’amélioration de la qualité de vie puisqu’il ne consiste qu’à déplacer les nuisances. La Région ne peut placer une telle hypothèque sur les générations futures ; hypothèque sur les finances mais aussi sur la santé et la qualité de vie des Bruxellois !

L’ARAU plaide pour une ville moderne, où la place Meiser s’inscrirait dans un système de boulevards urbains aux espaces partagés donnant priorité aux piétons, cyclistes et transports en commun de surface sur le trafic automobile. La diminution de la pression automobile et l’amélioration du cadre de vie doivent être pensées et réalisées au niveau de l’ensemble du territoire : combien de kilomètres de trottoirs, de pistes cyclables, de lignes de tram protégées la Région pourrait-elle aménager avec ces 250 millions ?

La Région doit renoncer au projet de tunnel(s) sous Meiser, comme elle l’a fait, pour des raisons budgétaires, avec le viaduc Reyers, le tunnel Cortenbergh, la couverture de la Toison d’Or, et comme Brigitte Grouwels l’avait annoncé en 2010. La ville moderne est avant tout celle des infrastructures légères, souples, faciles à mettre en œuvre et peu coûteuses dans un espace public enfin pacifié : pistes cyclables, transports en commun de surface, trottoirs praticables.

La parenthèse du tout à la voiture (1950-2010) doit maintenant être refermée à Bruxelles, comme elle l’est dans les autres villes européennes.