Espace Public — Publié le 27 février 2014

Gestation complexe pour une enceinte

Le nouveau stade national ne devrait pas voir le jour…

L’idée de construire un nouveau stade national n’est pas neuve et elle fait son apparition dans le débat dès qu’il est question d’organiser en Belgique un grand événement footballistique comme la coupe du monde ou l’Euro.
C’est à nouveau à ce type d’occasion que le projet actuel s’élabore, plusieurs acteurs souhaitant voir Bruxelles accueillir un ou plusieurs matchs de l’Euro 2020. Le stade Roi Baudouin, entièrement rénové en 1995 en vue de l’organisation de l’Euro 2000, ne répondant plus aux (trop) exigeants impératifs de l’UEFA (il bénéficie d’une dérogation jusqu’en 2017) et sa rénovation n’étant pas jugée opportune, il est donc apparu « urgent » de se lancer dans le projet de construction d’un stade flambant neuf.
« Urgent » car c’est en septembre 2014 que seront désignées les villes hôtes de l’Euro 2020, les dossiers de candidature devant être soumis pour avril.

Se lancer dans une fuite en avant, poussé dans le dos par l’UEFA qui veut « aider les pays qui hésitent aujourd'hui à construire un stade national, à leur donner l'élan nécessaire pour construire un tel stade » , n’est pas ce que les Bruxellois sont en droit d’attendre de leur gouvernement régional. Dans un souci d’objectivation, les études ayant amené au choix de localisation et du type de stade doivent être rendues publiques, de même que le business plan et la structure du montage financier du projet.

Étant donné les moyens étriqués de la Région, les contraintes urbanistiques "exotiques" relatives au parking C et les défis sociaux plus urgents auxquels Bruxelles est confrontée, en particulier sur le front des écoles, ce projet constitue un gaspillage d’énergie et, quoi qu’on en dise, de moyens.