Espace Public — Publié le 27 juin 2012

Porte de Ninove : il faut une nouvelle enquête publique !

Le Gouvernement annonçait en fanfare le 23 avril dernier qu’une convention venait d’être signée entre la Région et le promoteur BESIX RED portant sur la création de logements à la porte de Ninove.

Cette convention porte sur :

  • l’élaboration d’un schéma directeur couvrant l’ensemble du périmètre
  • la traduction de ce schéma directeur en un permis de lotir
  • la possibilité d’effectuer des échanges de parcelles entre les deux triangles
  • la nécessité d’une collaboration entre les architectes des deux parties

 

La SLRB créerait sur ses parcelles des logements publics (moitié sociaux, moitié moyens) avec la possibilité d’en mettre une ou plusieurs à disposition de la SDRB en vue d’y développer des logements moyens acquisitifs. La création d’équipements d’intérêt collectif (crèche, école,…) est également évoquée.

BESIX RED créerait du logement libre et éventuellement des commerces, activités productives, bureaux ou équipements.

On parle dans la presse d’un nombre de 150 logements sur les deux triangles bien que ni la SLRB ni BESIX RED n’ont officiellement communiqué de nombre.

Cette convention promet également un large processus participatif « en amont ».

Mais ce qu’omettent de communiquer BESIX et la Région c’est que leur projet prend place au sein d’un mauvais projet de réaménagement de l’espace public.

Ce projet du SPF Mobilité, soumis à l’enquête publique en 2011, portait sur l’aménagement des voiries et de l’espace vert prévu par le PRAS, la destination des deux autres triangles, représentés sur le plan ci-dessous par deux espaces vides indéfinis, n’étant à l’époque pas rendue publique.

 

Lors de la réunion de la Commission de concertation le 27 septembre 2011, de nombreux riverains et associations se sont mobilisés pour dénoncer :

  • le caractère routier et fonctionnaliste du projet ;
  • l’incongruité patente du nouveau trajet des transports en commun ;
  • l'abattage inutile de platanes ;
  • la présence incongrue d’une butte dans le parc (on est dans la vallée de la Senne) ;
  • les circulations piétonnes et cyclistes mal pensées ;
  • le manque d’information sur la destination des triangles ;
  • etc.

Or, ce mauvais projet poursuit sa route administrative. La Commission de concertation a remis un avis favorable soumis à de nombreuses conditions (maintien des arbres et renforcement de la végétation, suppression de la butte, améliorations des traversées piétonnes, retrait du périmètre des terrains appartenant à la Ville, accès des bus au site propre du tram, dégagement de l’espace situé autour des pavillons d’octroi, modifications importantes du profil des voiries, prolongement de la piste cyclable vers le quai de Mariemont, etc…). Le demandeur élabore pour l’instant un projet modifié en tentant d’y intégrer les principes de l’auteur de projet, les avis des différentes administrations communales et régionales et le contenu du PV de la Commission de concertation, rédigé par la Commune de Molenbeek …

 

Ce projet modifié est élaboré en secret et risque de n’être soumis à aucun acte d’instruction. L’article 191 du COBAT relatif aux permis modificatifs implique qu’en cas de modifications « substantielles » il y ait une nouvelle enquête publique et une nouvelle Commission de concertation. C’est la voie que va suivre la ministre Grouwels dans le dossier de l’avenue du Port puisqu’elle a finalement  accédé à la demande des habitants et des associations de replanter tous les platanes qui seraient abattus. Ainsi, elle déclarait le 13 juin dernier, en Commission infrastructure du Parlement : « Vu que l'enquête publique arrivait à son terme, mon administration a interrogé l'Administration de l'aménagement du territoire et du logement (AATL) sur le devenir de la procédure en cours, compte tenu de l'introduction d'un éventuel permis modificatif. Étant donné la modification substantielle de la demande que cela aurait engendré, le fonctionnaire délégué a informé mon administration de la nécessité de recommencer toute l'enquête publique, le cas échéant. »[1]

 

Les associations signataires demandent qu’il en soit de même Porte de Ninove. Quand le motif de la demande change de façon substantielle – ce qui est le cas puisque, e.a. on supprime la butte et modifie le tracé du tram - il faut réaliser une nouvelle procédure, ce qui rencontre également l’intention d’une large participation. La ministre Grouwels a d’ailleurs déclaré, à propos du dossier de la Porte de Ninove, devant le Parlement le 6 juillet 2011 : « Si le projet est fortement amendé, et si cela implique des modifications importantes du cahier des charges déjà édité par Beliris, il est tout à fait possible qu’une nouvelle adjudication soit lancée. ». L’avis de la Commission de concertation fait lui aussi état de la « volonté desdites autorités d’une part, de communiquer à la population toutes les données relatives au projet et d’associer les riverains à la réalisation du projet. »

 

Par conséquent, les signataires invitent les trois Communes concernées (Molenbeek, Bruxelles-Ville mais aussi Anderlecht vu sa proximité), ainsi que la Région et Beliris, à remettre sur le métier le projet d’aménagement des espaces publics et à le réétudier en cohérence avec celui des triangles. Ils s’opposent en tous cas à la délivrance d’un permis pour le projet modifié des espaces publics sans une nouvelle enquête publique et une nouvelle Commission de concertation. Ils insistent sur la large participation évoquée par le gouvernement qui doit permettre d’améliorer l’ensemble de l’aménagement de la Porte de Ninove et la qualité de vie pour tous les habitants et usagers, actuels et futurs.

 

 

 

Signataires :

ARAU, BRAL, BruxellesFabriques - Brusselfabriek, CIDEP, Comité Porte de Ninove Ninoofse Poort, IEB, La Rue.



[1] PRB - Session 2011-2012 BHP - Zitting 2011-2012, Commission Infrastructure 13/06/2012 Commissie Infrastructuur 13/06/2012, compte rendu provisoire. http://www.weblex.irisnet.be/Data/Crb/Biq/2011-12/00103/images.pdf

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