2010

La ville : air, eau, terre, feu

Quand, en 2006, l’ARAU organise l’École urbaine sur le thème de la décroissance, son but est de mettre en évidence les ressources de la ville face à la crise écologique. La ville y est présentée comme fondement d’une politique écologique car elle permet le déploiement à grande échelle de styles de vie moins consommateurs d’énergie. À l’époque, l’imprégnation de l’idéologie de la croissance est telle que lui opposer son antithèse fait peur. Par contre, les concepts de durabilité ou de soutenabilité passent dans les esprits, suscitent des adhésions… et sont même récupérés par de nombreux programmes industriels soutenus par une publicité intense.

Mais les esprits lucides décèlent rapidement l’oxymore : une croissance affirmée comme durable, permanente, éternelle, peut certes diminuer localement le poids des destructions environnementales, mais elle ne peut en aucun cas remettre en cause leur origine : la société industrielle dans ses formes contemporaines, caractérisées par la mondialisation et la globalisation. Cette croissance bâtie sur la spéculation financière, l’exploitation cynique des richesses naturelles condamne des flux de populations à l’exil et à l’exode, engendre le réchauffement climatique et ses conséquences, génère l’exclusion sociale et met le monde politique dans l’incapacité de maîtriser les problèmes rencontrés. L’ensemble du contexte économique et culturel obture une vision correcte de l’urgence écologique, aveuglement accentué encore par la réticence des populations aisées et même plus faibles à accepter une révision de leur mode de vie. Or un changement de paradigme s’impose. Il puisera ses racines dans le respect des patrimoines naturels et construits, dans la justice sociale, dans la démocratie. Un peu de sobriété pour une minorité procurera davantage à tous : pouvoir d’autodétermination, abondance équilibrée, survie de la culture et de la civilisation.
La crise tridimensionnelle qui frappe le monde atteint les villes qui sont aussi acteurs de cette crise. Les villes sont vulnérables : les erreurs d’urbanisation peuvent accroître les effets des catastrophes naturelles. Elles peuvent connaître des troubles sociaux graves. L’avenir des villes n’est  en rien prédéterminé : l’héritage culturel et humain peut, sous les coups des crises locales et globales, se déliter jusqu’à s’effondrer. L’échec de Copenhague montre bien que les risques ne sont pas écartés, faute essentiellement de volonté politique.
Pourtant, les villes peuvent survivre si elles acceptent le débat politique, dans la permanence, la clarté, la liberté et l’égalité, avec comme perspective le bien commun. Les villes constituent le monde et l’Europe. C’est en elles et par elles que se résoudront les questions sociales, économiques et écologiques et non dans des utopies qui renvoient les habitants à la restriction, au resserrement, à l’enfermement communautaire ou ethnique, à l’inégalité, ni davantage dans des attitudes de repli pseudo villageois.
Cette 41e École urbaine de l’ARAU se concentrera sur les thèmes environnementaux fondamentaux, à la recherche des solutions que la ville ? Bruxelles ? offre par son organisation physique et sa vitalité politique. Cette démarche s’inscrit dans la réflexion liée à l’élaboration du nouveau Plan Régional de Développement Durable qui devra placer au centre de son projet de ville la durabilité et donc la politique de l’environnement. Nous partirons des quatre éléments : l’air, l’eau, la terre, le feu pour affirmer leur gestion parcimonieuse comme objectif politique. Dans un but : contribuer à baliser les décisions collectives qui s’imposent désormais.

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