Journée d'étude — Mardi 22 novembre 2016

Bruxelles sans viaduc ni tunnel

L'avenue Louise en 2040 © Brussels Smart Mobility

Transformons la ville à partir des compétences régionales

Ladite « crise » des tunnels bruxellois (entretien superficiel, fissures, corrosion, écroulements, insécurité, vulnérabilité à l’incendie, fermetures, budgets colossaux…) a mis en évidence une tension entre deux conceptions de la mobilité.

La première est celle des tendances lourdes. Héritée des années 1950, elle considère la voiture, sinon comme un bien pour l’emploi et la liberté individuelle, du moins comme un mal nécessaire et les infrastructures routières en ville (tunnels, viaducs, pénétrantes) comme des outils indispensables, acceptés par l’opinion malgré des coûts énormes et des dégâts collatéraux importants.

La deuxième, plus récente, est celle des alternatives, qui prône les mobilités dites douces ou actives (la marche, le vélo, les transports en commun) et une autre répartition de l’espace public au nom de la protection de l’environnement, de la santé publique, du cadre de vie (au profit d’autres choix budgétaires), et, in fine, pour une meilleure efficience.

L’ARAU organise une  journée d’étude pour présenter des propositions concrètes pour une ville libérée des infrastructures routières et pour discuter publiquement de leur faisabilité.

Suite à une prise de conscience des effets négatifs globaux sur la qualité de l’air, le climat, la mortalité et aux engagements pris dans le cadre international, les plans d’urbanisme privilégient dans la plupart des villes, du moins dans leur centre, l’option des diverses alternatives durables. À Bruxelles, les plans piétons, cyclistes et de mobilité, en général, se multiplient, avec comme objectif affiché la réduction de la pression automobile sur la ville. Le patronat et les industriels mènent également des réflexions basées le plus souvent sur le progrès technologique : développement des smart-cities, voitures hybrides ou sans chauffeur… mais sans nécessairement aborder la question de l’urbanité.

Même si les tendances anciennes restent vivaces, un tournant est cependant perceptible : les pouvoirs publics ont renoncé à certains grands travaux d’infrastructures, qui se révélaient trop coûteux. De même, le Ministre de la mobilité a présagé d’une ville sans tunnel. Le Ministre-Président a déclaré dernièrement que les viaducs n’avaient plus leur place en ville. Les déplacements cyclistes augmentent, l’usage des transports en commun s’intensifie, et la part de la voiture dans les déplacements baisse significativement. Le projet de Plan Régional de Développement Durable entérinerait partiellement ces tendances.

La « crise des tunnels » incite à penser la ville sans infrastructures lourdes, sans tunnel ni viaduc, et à promouvoir le recours au « software » plutôt qu’au « hardware ».

La mobilité dépend du fédéral, des Régions et des communes. Un certain nombre des outils relatifs à la gestion de la mobilité dépendent du bon vouloir du gouvernement fédéral qui ne semble guère préoccupé de la qualité de vie dans sa capitale et encore moins soucieux d’exploiter les nombreuses gares bruxelloises. La mise en œuvre du projet de RER est sans cesse reportée. Les communes sont en mesure de bloquer des projets indispensables à la collectivité, à l’instar de l’optimisation de la ligne 71 et elles restent passionnées par les parkings souterrains.  

Comment, dès lors, la Région, qui est en charge de la mobilité sur son territoire,  peut-elle y maîtriser les déplacements ? Peut-elle réduire les nuisances sonores et environnementales en s’attaquant à l’usage intempestif de l’automobile ? Puisque les navetteurs ne paient pas leurs impôts sur leur lieu de travail, mais utilisent les infrastructures, par quels outils les faire contribuer à une mobilité moins polluante? Comment la Région peut-elle atteindre ses objectifs de réduction de la pression automobile sur Bruxelles ? Comment réorienter progressivement la culture de la mobilité ? La Région a déjà remis en cause les tunnels Meiser et Cortenbergh, elle a fait démonter le viaduc Reyers et questionne le viaduc Herrmann-Debroux. Il y a là incontestablement une évolution. Comment imaginer la ville sans tunnel ni viaduc ? Comment procéder ? Par où commencer ?

La première partie de la journée sera consacrée à un aperçu des constats ; la deuxième partie se centrera sur des propositions concrètes.

Programme

22 novembre 2016 09h30

Les choix de mobilité opérés depuis les années 1950

Vincent Carton

Ingénieur, urbaniste, ancien chef de Cabinet adjoint de la Ministre fédérale de la Mobilité

22 novembre 2016 10h15

L’accessibilité des quartiers en transports en commun

Kévin Lebrun

Géographe-Chercheur à l'Université Saint-Louis

22 novembre 2016 11h15

L’épineuse question de la gouvernance

Alain Flausch

Secrétaire général de l’Union Internationale des Transports publics

22 novembre 2016 13h00

Comment (re-)partager l'espace public à Bruxelles ?

Michel Hubert

Docteur en sociologie et professeur ordinaire à l’Université Saint-Louis

22 novembre 2016 13h45

Les vertus de « l’évaporation du trafic » par la fermeture des infrastructures

Frédéric Héran

Économiste et urbaniste, enseignant-chercheur à l'Université de Lille-1

22 novembre 2016 14h30

Passer d’une autoroute urbaine à un espace public. Une nouvelle vision de la petite ceinture

Rien van de Wall

Historien et urbaniste, auteur du projet petiteceinture.be

22 novembre 2016 15h30

Les tunnels remis en question. La position de la Région de Bruxelles-Capitale

Karel Lowette

Chef de Cabinet du Ministre de la Mobilité Pascal Smet

22 novembre 2016 16h15

Conclusion de l'ARAU

Marc Frère

Président de l'ARAU

Journée d'Étude

Un concentré d'expertise et de débat sur une journée à propos d'une thématique urbaine vibrante. Réservation impérative.

Infos pratiques

Accueil à partir de 9h

à La Tentation

Rue de Laeken 28

1000 Bruxelles

(Station de Brouckère)

Prix : 10 € lunch compris

Inscriptions

info@arau.org

0032 2 219 33 45

 

Visite de terrain le lundi 21 novembre à 12h30

L’inscription à cette visite (10 €) vous donne ensuite gratuitement accès à la journée d’étude. 

Réservations en ligne 
 
Pour mieux comprendre l’histoire et le poids des autoroutes urbaines bruxelloises, l’ARAU propose une visite guidée introductive, de la place Poelaert au Botanique, la veille de la journée d’étude. Rendez-vous à 12h30, place Poelaert, devant les marches du Palais de Justice (se munir d’un titre de transport) !